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Archives de la Catégorie La Suisse c’est l’aventure

Une autre nativité…

En revenant de l’escrime, je suis tombée sur cette librairie avec, en vitrine, des livres qui proposaient leur vision bien à eux de la nativité

“Marie, la demi-pension, c’était fini !”

“Joseph, c’est une fille !”

“Joseph, moins fort la musique !”

Et mon préféré

“Joseph, dis leur qu’on achètera rien”

Forcément…

Hier, j’étais à Neuchâtel

 

 

 

 

Gris et paisible

Une question de rythme…

Quand je suis arrivée à Zurich, je me suis bien sûr sentie étrangère. Par la langue, par la culture, par les références, par les habitudes gastronomiques, par les possibilités offertes… et aussi, de façon plus tenue mais très déroutante, par le rythme et la manière de se déplacer dans les rues.
Je n’étais pas dans le rythme. Manifestement pas dans le bon rythme. Et donc pas du tout en accord avec ceux qui m’entouraient. Ils me bousculaient ou je les bousculais. Je devais parfois ralentir mon pas, briser mon allure normale. Bref, je ne me sentais pas à ma place, j’avais l’impression de ne pas avoir de place.
Et tout cela tenait au rythme auquel la Suisse se déplace.

Forcément, avant, j’avais vécu cinq ans à Paris. La lenteur helvétique est parfois un cliché. Mais pas toujours. Pas par rapport à Paris.

J’avais fui ce rythme parisien. Mais force est de constater qu’en cinq ans, il m’avait contaminée. Et que même si je le rejetais, il m’arrive maintenant de lui trouver quelques vertus.
Car à Paris, par la loi du marche ou crève, l’on apprend à se déplacer efficacement. A quelques loupés près. A se mettre sur la droite sur les escalators si l’on ne veut pas les grimper quatre par quatre. A sortir parfois du wagon de métro pour laisser une masse en descendre. Quand l’on attend sur le quai, à se mettre en oblique par rapport aux porte du même wagon pour laisser la même masse en dévaler. A marcher vite. A slalomer. Bref, à se déplacer efficace.

En Suisse, ce n’est manifestement pas le cas. Il est évidemment très agréable de se balader sur les rues pavées en prenant son temps et ce, sans se sentir limace parmi les limaces. Ou de ne pas se faire bousculer.
Mais les Zurichois, c’est-à-dire les habitants de la capitale économique de la Suisse quand même, ne savent pas se déplacer efficacement. Ils n’ont pas les bons réflexes. Et c’est parfois extrêmement énervant. Parce qu’il n’est pas rare, durant les heures de pointe, de voir quelqu’un bien fermement posté devant la porte du tram sans se rendre compte qu’il empêche ainsi la moitié de la voiture de sortir. Et quand on se voit dans l’obligation de le bousculer car aucune de nos excuses n’ont pu la faire réagir, l’on se prend un regard noir. Mais il ne bougera pas pour autant. Ou les gens qui attendent de monter dans le tram devant la porte, empêchant ainsi de descendre ceux qu’ils veulent sortir. Ca marche aussi pour les trams. Et pour les portillons devant lesquels les gens attendent bien sagement en cas d’embouteillage, n’essayant même pas de passer par la porte qui se trouve un peu plus loin. Et je ne parle pas des ascenseurs.

Cette question de rythme me surprend toujours. Elle m’agace parfois à Zurich, elle me fatigue souvent à Paris. Elle me permet de gagner quelques années de vie supplémentaires en Suisse, elle me permet de me sentir un peu plus vivante en France.

Jusqu’au prochain pas de quatre.

Un seul mot : résistance !

Je n’ai jamais été frileuse.
Et je viens du grand Nôôôôôrrd (de la France).
Autrement dit, je ne craignais en rien l’hiver en Suisse. Je l’attendais d’un pied ferme. Sans faillir. Je n’ai pas eu à attendre longtemps : mi-octobre, il a commencé à neiger. Jusqu’à mars. Ce ne fut pas sans interruption bien sûr, mais ce fut quand même long. Très long. Et très froid.

Parce que la neige tombait par couches de 50 cm devant lesquelles mes docs ne pouvaient grand chose. Je glissais, j’avais les pieds perpétuellement mouillés, les joues fouettées par le vent, limite des stalactites au bout des sourcils. Hibernatus, c’était moi !
Au mois de janvier, j’étais au bord de l’hypothermie et de la crise de nerfs. Evidemment, j’ai bien tenté de me trouver quelque peau d’ours ou de puma pour me réchauffer. Mais conformément à la logique commerciale de la mode saisonnière, il n’y avait plus rien de plus chaud qu’un bikini, voire un gilet, dans les rayons.
Alors j’ai pris mon mal en patience en claquant des dents.

Mais dès le mois d’août suivant, je me suis mise en recherche, les orteils encore glacés au souvenir de la froideur subie. Et j’ai trouvé. J’ai trouvé le moyen de résister à la Sibérie helvétique !

Un manteau à plumes trouvé chez Benetton, avec capuche, fermeture super hermétique au col et aux poignets.
Des bottes Tamaris en peau de yak.
Un protège-oreilles en lapin-caniche.

Maintenant, j’ai plus froid.
Mais y’a plus de neige
(c’est bien ma veine) 

La Confédération en bref

Lorsque je me suis installée en Suisse, il y a maintenant près de 4 ans, j’ai dû m’adapter à pas mal de choses. A la langue bien évidement. Aux horaires d’ouverture des magasines. Au mode de relation avec les voisins ou les collègues. Toutes ces choses, plus ou moins ténues, qui ponctuent le quotidien.

J’ai aussi dû accepter d’être distancée dans pas mal de domaines. Comme la musique ou la littérature contemporaines. Et surtout la politique.
Conseils des Etats, référendum, votations, propositions et contre-propositions… chancellerie… Autant de termes omniprésents et pourtant indéterminés.

Mais la Confédération ne laisse pas dans l’obscurantisme ses ouailles avides d’intégration : tous les ans, elle publie un petit guide vraiment bien fait qui permet de se faire une idée globale mais claire du système helvétique. Le petit guide, c’est La Confédération en bref

Et si vous habitez en Suisse, il est possible de le commander gratuitement ou de le télécharger ici.
En revanche, ne vous emballez pas comme moi j’ai pu le faire : mise à part l’interview inaugurale et quelques excursus, le contenu est quasi le même d’une année sur l’autre.
(forcément, c’est pas des révolutionnaires les Helvètes…) 

Saint Nicolas a perdu son âne…

En Suisse, même le Père Fouettard et Saint Nicolas ont leur billet !
(l’on remarquera que Saint Nicolas est un peu plus old school que Fouettard…)

 

Il va bientôt neiger mon enfant…


Vue du balcon, ce matin, 8 h…

Die SBB begrüsst Sie…

En France, je prenais souvent le train. Le côté pittoresque de la SNCF avec ses annonces de retard d’un autre espace-temps, ses grèves, ses ralentissements dès qu’il y a trois flocons de neige, sa grille de tarifs qu’il faut avoir bac + 12 en mathématique quantique pour la comprendre. Bref, j’aimais mon service public (surtout avec ma carte 12-25). Et j’avais un peu peur de ce que j’allais trouver en Suisse.

En Suisse, le train, c’est bien, c’est simple et c’est relativement pas cher. Bon, j’aime toujours la SNCF hein. Mais je préfère quand même utiliser les CFF.
Des trains propres. Un personnel toujours présent et gentil. Des tarifs simples. De bonnes connexions. Des gens qui passent avec le chariot-repas comme quand j’étais petite et que je partais en colo dans des coraux. Mais des vitesses de déplacement moindres et des wagons souvent bruyants (l’idée de passer ses coups de fil depuis les plates-formes n’est manifestement pas encore arrivée jusqu’en Suisse et les Helvètes, tout pacifiques qu’ils sont, sont loin d’être discrets).

Pour la faire rapide, le site des CFF (ou de la SBB auf Deutsch) : c’est .
Pour les tarifs, mis à part quelques offres dégriffées, c’est simple : un trajet = un tarif, quelle que soit l’heure, quel que soit le jour, que l’on achète son billet en avance ou pas. Et généralement, le prix de la 1re classe, c’est le double de la 2e.
Bon à savoir : on ne composte pas son billet quand il ne s’agit pas des cartes multi-course. En revanche, mieux vaut être en règle car, dans les trains interrégionaux, les contrôleurs passent systématiquement. Et maintenant, l’on ne paie plus son billet dans le train au même prix qu’aux guichets, ce qui était pourtant drôlement pratique, surtout pour les surclassements de dernière minute.

Et deux astuces pour les (futurs) habitués des trains suisses :

* La carte demi-tarif

Pour 165 francs par an, 50% vers toutes les destinations, tout le temps. Donc facilement rentable.

* Les cartes journalières de la commune

Normalement, toutes les communes de Suisse disposent de cartes journalières qu’elles mettent à la disposition de leurs habitants pour la somme forfaitaire de 35 francs. Très pratique. Mais disponibles en nombre limité (6 cartes journalières par jour pour ma commune de 5 000 habitants par exemple) donc il faut mieux se grouiller, surtout pour les week-end.
Pour s’en procurer, le plus simple est de consulter le site de sa commune. Parfois on peut s’inscrire sur Internet, parfois il faut se déplacer jusqu’au guichet.
Quoi qu’il en soit, une initiative des plus appréciables !

 

Vendre son rein…

… pour payer son assurance-maladie.

En octobre, en Suisse, on a pas les impôts, mais l’annonce du prix des primes de l’assurance maladie pour l’année qui suit.
Pas d’impôts, mais des idées… pour garder la santé !

Le concept, c’est que les frais de santé, on ne les prélève pas directement du salaire, mais après.

En France, j’avais le soin médical rare mais insouciant. 20 euros la consultation chez le généraliste, 25 euros le rendez-vous chez le dentiste pour un simple détartrage. Même pas besoin d’avancer les frais pour les prises de sang. Bonheur et légèreté.

Et je suis venue en Suisse.
Après six mois, j’ai dû m’affilier à une caisse-maladie. D’abord, j’ai dû tenter de comprendre. Et après, j’ai pu pleurer. Et depuis, je raque. A mort.

Pour la faire simple, l’assurance-maladie en Suisse fonctionne comme une assurance-voiture (par exemple) en France. Primes à payer pour le contrat et système de franchise pour le remboursement.
La couverture médicale se partage entre une partie obligatoire et une partie facultative. La partie obligatoire, qu’on appelle la LaMal, couvre les frais de base (consultation chez les médecins, hospitalisation dans l’équivalent des hôpitaux publics en division générale – soit des chambres à quatre lits). La partie facultative, c’est les extras que vous pouvez vous payer – ou pas. Par exemple, moi, j’ai souscris une complémentaire (l’équivalent de notre mutuelle quoi) qui me permet de choisir mon hôpital et qui m’assure de bénéficier d’une chambre à deux lits maximum (dite en division semi-privée).
Ca, c’est le truc de base, car on peut faire varier les couvertures quasi à l’infini. Par exemple, pour la complémentaire : division générale, semi-privée ou privée ? Prise en charge des médecines parallèles ou pas ? Pour l’obligatoire : médecin de famille ou pas ? Obligation de consulter le médecin généraliste avant de consulter un spécialiste ou pas ? Et surtout : quelle franchise annuelle ? 500, 1 000, 1 500, 2 000 ou 2 500 ?
Tout cela (+ l’âge + la situation géographique + l’état de santé (uniquement pour la complémentaire quand même !)) définit le montant de la prime dont on aura à s’acquitter.

Un gros montant.

Et au mois d’octobre, en Suisse, les compagnies d’assurance-maladie dévoilent (roulement de tambour) l’augmentation qu’enregistreront les primes pour l’année suivante. Bah parce que oui, ma brave dame, les vieux sont de plus en plus vieux, les malades sont de plus en plus malades, tout ça coûte de plus en plus cher donc il faut de plus en plus payer. Sorte de solidarité via les caisses-maladies individuelles… pourquoi pas…

Hier, j’ai donc appris que je devrais maintenant payer 292 francs par mois (je fais même pas la conversion tellement ça va me donner envie de pleurer).
Par curiosité (et masochisme), je suis allée voir combien j’avais payé ma première prime, en décembre 2008……. 192 CHF
(entre temps, j’ai pris une couverture plus élevée, mais comme je suis passée à une caisse moins chère, la comparaison reste pertinente).

Gloup’s…

Mais faut pas croire que les soins sont pour autant bon marché. Un jour, je raconterai les larmes que j’ai versées la première fois que je suis allée chez le médecin et que j’ai reçu la facture de la consultation ET de la prise de sang. Ou pourquoi je vais en France pour consulter un dentiste.

Plus de rein, plus de fric…. Mais des idées !

Pas de bras, pas de chocolat

C’est moi ou les Suisses font parfois preuve d’humour bien grinçant…

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