… pour payer son assurance-maladie.
En octobre, en Suisse, on a pas les impôts, mais l’annonce du prix des primes de l’assurance maladie pour l’année qui suit.
Pas d’impôts, mais des idées… pour garder la santé !
Le concept, c’est que les frais de santé, on ne les prélève pas directement du salaire, mais après.
En France, j’avais le soin médical rare mais insouciant. 20 euros la consultation chez le généraliste, 25 euros le rendez-vous chez le dentiste pour un simple détartrage. Même pas besoin d’avancer les frais pour les prises de sang. Bonheur et légèreté.
Et je suis venue en Suisse.
Après six mois, j’ai dû m’affilier à une caisse-maladie. D’abord, j’ai dû tenter de comprendre. Et après, j’ai pu pleurer. Et depuis, je raque. A mort.
Pour la faire simple, l’assurance-maladie en Suisse fonctionne comme une assurance-voiture (par exemple) en France. Primes à payer pour le contrat et système de franchise pour le remboursement.
La couverture médicale se partage entre une partie obligatoire et une partie facultative. La partie obligatoire, qu’on appelle la LaMal, couvre les frais de base (consultation chez les médecins, hospitalisation dans l’équivalent des hôpitaux publics en division générale – soit des chambres à quatre lits). La partie facultative, c’est les extras que vous pouvez vous payer – ou pas. Par exemple, moi, j’ai souscris une complémentaire (l’équivalent de notre mutuelle quoi) qui me permet de choisir mon hôpital et qui m’assure de bénéficier d’une chambre à deux lits maximum (dite en division semi-privée).
Ca, c’est le truc de base, car on peut faire varier les couvertures quasi à l’infini. Par exemple, pour la complémentaire : division générale, semi-privée ou privée ? Prise en charge des médecines parallèles ou pas ? Pour l’obligatoire : médecin de famille ou pas ? Obligation de consulter le médecin généraliste avant de consulter un spécialiste ou pas ? Et surtout : quelle franchise annuelle ? 500, 1 000, 1 500, 2 000 ou 2 500 ?
Tout cela (+ l’âge + la situation géographique + l’état de santé (uniquement pour la complémentaire quand même !)) définit le montant de la prime dont on aura à s’acquitter.
Un gros montant.
Et au mois d’octobre, en Suisse, les compagnies d’assurance-maladie dévoilent (roulement de tambour) l’augmentation qu’enregistreront les primes pour l’année suivante. Bah parce que oui, ma brave dame, les vieux sont de plus en plus vieux, les malades sont de plus en plus malades, tout ça coûte de plus en plus cher donc il faut de plus en plus payer. Sorte de solidarité via les caisses-maladies individuelles… pourquoi pas…
Hier, j’ai donc appris que je devrais maintenant payer 292 francs par mois (je fais même pas la conversion tellement ça va me donner envie de pleurer).
Par curiosité (et masochisme), je suis allée voir combien j’avais payé ma première prime, en décembre 2008……. 192 CHF
(entre temps, j’ai pris une couverture plus élevée, mais comme je suis passée à une caisse moins chère, la comparaison reste pertinente).
Gloup’s…
Mais faut pas croire que les soins sont pour autant bon marché. Un jour, je raconterai les larmes que j’ai versées la première fois que je suis allée chez le médecin et que j’ai reçu la facture de la consultation ET de la prise de sang. Ou pourquoi je vais en France pour consulter un dentiste.
Plus de rein, plus de fric…. Mais des idées !