Ou pas. Plutôt pas d’ailleurs.
Aussi loin que je m’en souvienne, je me suis couchée tard. Ou du moins, ai aimé me coucher tard.
Je ne reviendrai pas sur la conception toute personnelle du sommeil que j’avais bébé. Je laisse ce souvenir éprouvant à ceux qui l’on vécu. En revanche, je me souviens que petite déjà, je me couchais un peu tard. Peut-être pas en fait. Mais au moins, dans mes souvenirs. Je me souviens des émissions regardées avec ma mère sur le canapé. Quasi toujours les programmes de la première partie de soirée. Parfois, mais très rarement, ceux de la seconde partie. J’aimais ces moments où le temps était suspendu, où j’accédais au monde des adultes, où je restais seule avec ma mère.
Au fur et à mesure du temps qui passait, je me couchais de plus en plus tard. Rarement avant la fin de la deuxième partie de soirée. Je regardais la télé souvent, mais restais rarement passive devant : je faisais du sport, je réglais mes devoirs, j’écrivais mon journal intime, … Parfois, je lisais. Mais rarement. Je lisais beaucoup, mais plutôt en journée.
Et puis la prépa est arrivée et mon rythme s’est totalement emballé. La charge de travail à assumer, les heures de sommeil indispensables à ma récupération, ma prédilection pour le soir, … tout cela donnait une équation bien difficile à régler. Je faisais souvent une sieste en fin d’après-midi, après les cours. Puis je passais quelque temps en famille puis travaillais. Parfois jusqu’à tard dans la nuit. Parfois toute la nuit. Me rattrapant souvent le week-end.
J’ai tenu trois ans.
Arrivée à Paris, seule dans mon appart’, avec un rythme de travail beaucoup moins intense (et c’est un euphémisme), tout fut possible : les nuits blanches, les grasses mat’, les nuits passées devant Dr House, les nuits passées à lire, … Mais moins chaotique, car les années de prépa m’avaient mise sur les rotules.
Maintenant, bon gré mal gré, je me fais au rythme d’une vie de bureau. Mais je sens bien que ce n’est pas le mien. Je me couche relativement tôt, trop tôt à mon goût. Je me lève relativement tôt, trop tôt à mon goût. Avec irrémédiablement un monstre coup de pompe l’après-midi. Et irrémédiablement un regain d’énergie le soir.
Précisément à ce moment auquel j’écris.



