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Archives mensuelles : novembre 2011

Un seul mot : résistance !

Je n’ai jamais été frileuse.
Et je viens du grand Nôôôôôrrd (de la France).
Autrement dit, je ne craignais en rien l’hiver en Suisse. Je l’attendais d’un pied ferme. Sans faillir. Je n’ai pas eu à attendre longtemps : mi-octobre, il a commencé à neiger. Jusqu’à mars. Ce ne fut pas sans interruption bien sûr, mais ce fut quand même long. Très long. Et très froid.

Parce que la neige tombait par couches de 50 cm devant lesquelles mes docs ne pouvaient grand chose. Je glissais, j’avais les pieds perpétuellement mouillés, les joues fouettées par le vent, limite des stalactites au bout des sourcils. Hibernatus, c’était moi !
Au mois de janvier, j’étais au bord de l’hypothermie et de la crise de nerfs. Evidemment, j’ai bien tenté de me trouver quelque peau d’ours ou de puma pour me réchauffer. Mais conformément à la logique commerciale de la mode saisonnière, il n’y avait plus rien de plus chaud qu’un bikini, voire un gilet, dans les rayons.
Alors j’ai pris mon mal en patience en claquant des dents.

Mais dès le mois d’août suivant, je me suis mise en recherche, les orteils encore glacés au souvenir de la froideur subie. Et j’ai trouvé. J’ai trouvé le moyen de résister à la Sibérie helvétique !

Un manteau à plumes trouvé chez Benetton, avec capuche, fermeture super hermétique au col et aux poignets.
Des bottes Tamaris en peau de yak.
Un protège-oreilles en lapin-caniche.

Maintenant, j’ai plus froid.
Mais y’a plus de neige
(c’est bien ma veine) 

Lush ou de l’importance de l’idée que l’on se fait d’une marque

(ça, c’est du titre)

Hier, je suis allée chez Lush. Pour m’acheter quelque chose pour moi. Parce qu’autant je connais Lush depuis des années et y vais régulièrement pour des idées cadeaux, autant pour moi, j’ai rarement été tentée.
J’aimais bien les boules effervescentes, mais j’ai plus de baignoire (vous y croyez vous : on a trois appartements avec Monsieur L. et on est même pas foutu d’avoir une baignoire !). Les boules effervescentes et les shampooings solides. Enfin plutôt le shampooing solide Godiva.

Le shampooing solide, y’a rien de plus pratique quand on doit se laver les cheveux souvent et rapidement, et pas toujours chez soi. En plus, celui-là sent divinement bon. Bon hier, j’ai décidé que j’en avais marre de trimballer mes shampooings dans mon sac de sport et je suis partie m’acheter ma came. Je l’ai utilisée dès hier soir et j’avais cette odeur-nostalgie comme une aura autour de moi (quand je picolais ma bière post-escrime dans la taverne grecque du coin… taverne grecque qui s’appelle quand même Le Beaujolais nouveau, faut le voir pour le croire). ‘Fin bref, Godiva, c’est le bien.

Et là, je me suis demandé pourquoi, malgré tout l’amour que je portais à Godiva, je ne m’offrais pas de produits Lush. Pourquoi, en temps normal, cette maque, malgré tout le bien que j’en entends et que j’en pense, ne m’attirait pas. C’est une attitude un peu schizophrénique : je reconnais les qualités des produits (composition, efficacité, originalité, …), je ne leur trouve même pas de défauts notables. Mais rien y fait. J’accroche pas. Je pensais à ça en sirotant mon demi hier.

Et je crois que c’est une question d’image. Pour plutôt de perception de la marque, de soi et de l’adéquation entre soi et la marque.
Lush, pour moi, propose des produits écologiques et ludiques. Et ce n’est pas le concept que je recherche pour mes produits de soin (quand je vous disais que j’étais une fille coincée). Pour mes produits de soin (shampooing, gel de douche, …), je recherche… du soin. Et c’est donc tout naturellement que je vais me tourner vers le lieu où l’on propose des soins : pharmacie et parapharmacie. Du coup, je reste relativement hermétique aux produits dits de luxe distribués en parfumerie, car, dans ma perception, le côté glamour se trouve privilégié au détriment de l’aspect soin (mon banquier, pour une fois, bénit ma folie). Pourtant, quand j’ai utilisé les produits Estée Lauder notamment, j’en étais relativement satisfaite, mais, en terme d’images et, oserai-je, de concept, ça ne m’allait pas.

Dans le même ordre d’idée, pour le maquillage, je suis très MUFE et Mac. Aux autres marques, j’ai plus de mal à leur accorder du crédit.
Et, de façon encore plus inexplicable, j’ai aussi mes préférences en matière de marques de maquillage de grande distribution, lesquelles préférences tiennent non pas tant à la qualité des produits en question (enfin si… un peu quand même) qu’à l’image que je me fais de la marque. Ainsi, j’aime beaucoup Bourjois. Beaucoup moins L’Oréal. Et Gemey Maybelline, je trouve que ça fait cheap.

Quand l’on ajoute à cela que j’aime avoir une certaine unité dans les marques que j’utilise (en plus d’être coincée, je suis également psychorigide), l’on comprend que je n’ai qu’environ 5 à 6 marques pour mes produits de maquillage. Clairement, entre deux produits équivalents, je préférerai celui d’une de mes marques favorites, non pas seulement pour des raisons de confiance, mais aussi pour des raisons d’image (de la marque, de moi et de ma salle de bain).

Un jour, je vous parlerai de la manière dont je choisis mes parfums…
Commandez déjà la camisole.

Et dire que je voulais être une blogueuse beauté…

A la lecture de ce blog, il est permis de remettre en cause mon intention première.
A la lecture de cet article, il sera même toléré d’en rire.

Mais c’est vrai, quand j’ai commencé ce blog, même si un instinct de survie premier m’a fait l’enregistrer comme blog d’humeur ou Lifestyle selon les classifications en vigueur, je le voyais plus comme un blog beauté. Car c’est essentiellement ce que je lisais. Mais comme je ne me faisais déjà pas d’illusion sur mes dons en maquillage, et encore moins en manucure, je le concevais plutôt comme un de ces énièmes lieux d’avis sur la BB Crème Garnier ou je-ne-sais-quel- masque à l’odeur de guimauve.
Et puis la réalité m’a (heureusement) rattrapée.

D’ailleurs, hier, la réalité m’est carrément revenue dans le coin de la gueule, façon boomerang.
Au fil de mes pérégrinations sur la toile (où j’ai aussi bien ri en voyant ces post contre HB “C’est toujours les mêmes blogs qui font la une” – sous-entendu, jamais le mien – mais bon, c’est une autre histoire.), je suis tombée sur deux-trois VRAIS blogs beauté où les filles partageaient le contenu de leur trousse à maquillage, celle que l’on met normalement dans son sac. Mis à part que là, leur trousse quotidienne, c’est celle que je prends moi quand je vais passer quelques jours chez Monsieur L.

Parce qu’en vrai, ma trousse de maquillage, c’est ça

 

- un anti-cernes Bourjois que j’aimais beaucoup, mais qui ne se fait plus dans ma teinte. D’ailleurs, celui de la trousse en question n’est effectivement pas adapté à ma carnation, donc je ne l’utilise jamais.
- deux crayons “Khôl et Contour” de Bourjois, un marron, un noir.  Je les aime beaucoup : ils sont gras juste ce qu’il faut et ont une tenue correcte.
- un mascara “1001 Cils” que j’ai reçu en cadeau. C’est du marron, et je ne mets jamais de marron. Mais je me suis dit que, quand même, un jour, je pourrais en avoir besoin.
- une paire de lentilles de rechange. Je mets des lentilles 10 fois par an, mais ce serait quand même dommage que ces fois-là, j’en perde une et que je me retrouve aveugle d’un oeil.
- deux échantillons de parfum. Parce que moi, sans parfum, je ne sors pas.
- Hello Flawless de  Benefit, teinte Champagne. Une vraie découverte cette année ! Moi qui ne jurais que par le fond de teint liquide, je suis fan de cette petite boîte. En un seul geste, elle me fait une beauté unifiée et velouté. Un vrai bonheur. Mais un bonheur bientôt  à la fin de la boîte.
- Quand je n’ai pas le temps, après le sport, de me remaquiller correctement (ce qui est le cas 9 fois sur 10), je me contente d’utiliser l’Intruitiv Touch d’Une. Autant je n’utiliserais pas cette pseudo BB-Cream pour mon maquillage de la journée, et encore moins comme BB Cream pure (elle n’hydrate pas assez ma peau et le résultat, correct, ne tient pas des heures), autant pour m’assurer un teint correct et une peau pas totalement desséchée pendant les deux heures qui séparent généralement la fin de mon entraînement à ma douche du soir, elle est parfaite. Evidemment, je l’applique au doigt, car le pinceau fourni ne sert strictement à rien. D’ailleurs, je me demande pourquoi ils n’y ont pas plutôt joint une petite éponge, qui aurait été bien plus pratique.
- Et puis un peu  de blush Bourjois, sinon, j’ai l’air totalement cadavérique.

Voilà ma trousse… avec ses 10 produits à tout casser… dont seulement trois dont je me sers vraiment.

Rien qu’à cette vue, on comprend que j’ai loupé ma vocation de blogueuse beauté…

A mort le Père Noël !

J’aime pas les blogs de mamans. Enfin, en majorité. A de très rares exceptions près. J’aime pas ces histoires où les bébés se trouvent affublés de surnoms qui justifieront la future crise d’adolescence qu’ils infligeront leurs parents. Genre Minitropjolie. Et mon cul, c’est du poulet ?
J’aime pas ces billets rose pastel qui rapportent les moments de complicité intense entre Amourmonloup et Petitdernier, avec tout un baratin mauve guimauve influence Marie-Claire-Psychologie mal digéré sur l’importance de la transmission intergénérationnelle et de la place du père moderne dans la structure familiale. Je déteste presque autant ça que les blogs de mariage où l’on a l’impression que les invités sont en carton-pâte ou que les blogs de pseudo-mode avec des photos flou-artistique-appelez-moi-David-Hamilton.

Et surtout, surtout, j’aime pas les débats moralisateurs que l’on trouve sur les blogs de mamans. Evidemment le sempiternel “pour ou contre l’allaitement” avec ses dérivés “pour ou contre le cododo” et “pour ou contre le portage” qui ressemble une guéguerre très binaire “Si tes pas avec moi, t’es contre moi”. Quand je vois la virulence de certaines activistes, qu’elles soient de l’un ou l’autre camp, je me dis que les grands élans pseudo-féministes du genre “Si y’avait des femmes au pouvoir, y’aurait pas de guerre” ou “Si les femmes gouvernaient, tout irait beaucoup mieux” sont le fait de personnes qui n’ont JAMAIS lu un blog de mamans.
Fin bref.

Depuis quelques semaines, je vois une grande interrogation revenir sur les blogs de mamans : “Faut-il les laisser croire au Père Noël ou pas ?”.
Et là, je me dis que quand même, on arrive au bout du bout de la masturbation intellectuelle. Encore, les débats sur l’aspect consumériste de Noël, je veux bien. Mais là… le Père Noël comme danger pour la morale de la jeunesse. N’hésitez plus, mettez de la ciguë dans le lait déposé près de la cheminée !
Déjà, pour moi, y’a que les Témoins de Jéhovah qui fêtent pas Noël. Et niveau intégration dans la société, les Témoins de Jéhovah, c’est pas le pied.
Et puis, franchement le raisonnement : Danger, car parler du Père Noël, c’est mentir, et mentir, c’est mal. Donc le Père Noël, c’est mal. CQFD. Fin de la démonstration. Rentrez chez vous, y’a plus rien voir. Amis des nuances, là, vous êtes servis. Dialecticiens de tous les pays, unissez-vous, le syllogisme triomphe.
Mais allô quoi ?! Evidemment qu’on ment aux enfants (d’ailleurs, on ne ment pas qu’aux enfants). On ment parfois, on ment souvent et ça ne fait pas de nous des êtres méprisables. Franchement, quand Tata Bernadette en aura tellement marre d’Oncle Roger, ce fumier alcoolique et violent, qu’elle se jettera par la fenêtre, évidemment qu’on va mentir au gamin de 4 ans. Qu’on lui dira pudiquement que Tata Bernadette est partie dans un monde meilleur (ou pas). Et c’est très bien. Personnellement, je remercie mille fois mes parents de m’avoir menti un nombre incalculable de fois, parce que le chômage, la précarité, la maladie ne sont pas des concepts, à défaut d’expériences, qu’un enfant peut appréhender sereinement. Déjà que quand j’ai appris ce qu’était le chômage à 8 ans, j’avais peur que ma famille se retrouve sous les ponts, alors si l’on ne m’avait par exemple pas menti sur les risques potentiels d’une grossesse quand ma mère attendait ma soeur, j’étais bonne pour  l’hôpital psychiatrique. A 7 ans. Ouais, ç’aurait été moche.

Et puis je pense (et pour une fois, je suis d’accord avec les pédo-psy) qu’à 3 ou 6 ans, un enfant a besoin d’avoir un monde imaginaire pour se rassurer face un réel qu’il n’est pas en mesure de comprendre. A 5 ans, l’on a une grille de lecture du monde faite de monstres, de sorcières, de gorgones (oui, moi, à 5 ans, c’était les Gorgones qui me terrifiaient). Alors autant que l’on ait des fées, des princesses et un Père Noël pour faire bonne mesure. La pense magique est nécessaire, je crois, un enfant, simplement parce qu’il n’est pas en mesure de faire autrement. Déjà que pour certains adultes, c’est pas évident…
Le drôle, c’est que souvent, les parents anti-Père Noël sont ceux qui prônent le respect du rythme de l’enfant avec l’éducation non violente, etc.

Alors oui, l’enfant découvrira un jour que ses parents lui ont menti. Et qu’ils continueront. Pour son bien ou pour ce qu’ils croient être son bien. Les pédo-psy disent que cela contribue à la construction du sujet. Moi, je dis surtout que ce sera peut-être la première fois, mais certainement pas la dernière. Ma vie n’est qu’une succession de prises de conscience, voire de déceptions, à l’égard de mes parents. Qui ont pourtant été, et sont toujours d’ailleurs, des parents remarquables. Mais c’est comme ça que je me construis, encore maintenant, en tant que personnalité propre. Welcome to the real life !

Alors moi, je suis pour que les enfants puissent croire au Père Noël, au saint Nicolas, au Père Fouettard, la fée Clochette et même aux korrigans. J’aimerais leur offrir un monde riche, léger. J’aimerais aussi que mes enfants croient qu’ils sont des Jedi.

Le Corps des femmes

Peut-être que la majorité d’entre vous connaissent ce blog. Peut-être pas.

Je suis tombée dessus au détour d’une autre lecture, un peu par hasard, sans savoir vraiment à quoi m’attendre et j’ai découvert, j’ai lu, j’ai été surprise, parfois un peu émue.

Ce blog, c’est Le Corps des femmes.

Un espace ouvert où celles qui veulent parler de leur corps. Généralement de ce qu’elles n’aiment pas. Parfois de ce qu’elles aiment. Toujours essayant de cerner de lien complexe que nous entretenons avec ce qui est à la fois totalement nous et pourtant si étranger.

Un texte, parfois une photo. Avec mes mots simples. Un passé parfois douloureux. Une souffrance parfois visible. Ou un apaisement. Une résignation. Ou une compréhension.

J’ai lu ce blog comme un véritable souffle de fraîcheur, de liberté et de vérité. Le corps de la femme sous celui des femmes. Loin des corps que l’on essaie de nous poser comme modèle dans les médias, loin même de ceux que, dans ces articles pseudo madame-tout-le-monde avec des filles tout au plus normales, l ‘on essaie de nous vendre comme presque hors-normes. Presque. Comme une culpabilisation supplémentaire.

Des corps vivants. Enfin.

Ce blog m’a rappelé la première fois où je m’étais rendue dans les vestiaires collectifs d’un club de sport parisien. Pas spécialement complexée, mais loin d’être à l’aise. Et là, dans la naïveté et la candeur de mes 24 ans, j’ai découvert que les autres femmes avaient rarement un corps parfait. Qu’il y avait toujours une faille, une peau un peu distendue, des seins qui tombaient, de la cellulite, … Des failles qui pouvaient être dissimulées par des vêtements, mais qui apparaissaient au grand jour dans ce lieu où les femmes se mettaient (à) nues.

Dans ce lieu de vie.

Cela m’a permis de simplifier mon rapport à mon propre corps. Voire de ressentir un peu de reconnaissance envers ce corps finalement harmonieux, musclé, solide. Envers moi.

Puisse ce blog vous conférer un peu de sa liberté et de sa bienveillance.

Je suis une fille coincée

La semaine dernière, je suis sortie boire un dernier verre avec une collègue de travail du genre brut de décoffrage. Après avoir charmé un serveur pour avoir le droit à un peu plus de vin (ce qui a marché), elle m’a demandé si moi aussi, il m’arrivait de flirter gentiment avec des hommes, comme ça, pour la légèreté,  pour passer le temps.
Ma réponse fut catégorique : non.
Elle m’a demandé si c’était Monsieur L. qui exerçait une sorte de pression sur moi pour que je m’interdisse, selon elle, de flirter.
Même pas. Je suis binaire : je suis en couple, je ne flirte pas ; je ne suis pas en couple, je flirte. Respect envers Monsieur L. bien sûr. Mais surtout envers moi. Pire que ça : je ne me force même pas, ça ne m’intéresse pas.  Et même, la vue d’une double vie et d’une certaine hypocrisie me fatigue à l’avance.

C’est dit, je suis sinistre.

Je crois que je l’ai toujours été. Plus jeune, je me suis forcée à avoir l’air cool, mais force est de constater que ce n’est pas moi.

Je suis pas le genre à danser dans un bar. Je n’aime pas mettre des vêtements bariolés, parler fort, rire bruyamment. Il y a des adolescentes, généralement en groupe, qui habitent largement l’espace. Souvent, elles m’énervent. Il y a des femmes qui prennent possession de l’endroit dans lequel elles arrivent, virevoltant d’une personne à l’autre dans un dîner, se déchaînant sur la piste. Parfois, je les admire.
Mais moi, je n’aime pas me donner en spectacle.

Parfois, on me présente des plans, à la limite du légal mais qui me procureraient frissons, adrénaline ou avantages.  La plupart du temps, je refuse. Même pas par peur. A peine par principe. Mais simplement parce que  toutes ces magouilles me fatiguent d’avance.

L’on me propose une soirée bidule-truc soit-disant trop fun, je suis capable de refuser pour rentrer tranquillement chez moi.

Mais je suis capable de veiller jusqu’à l’aube lors d’une bonne soirée entre amis. Durant les repas de famille, je suis généralement en permanence sur la piste de danse. Je n’ai aucun problème à mener une présentation devant une assemblée. Et dans les différents groupes que je fréquente, je suis toujours intégrée et souvent au centre.

Mais je suis coincée, naturellement coincée.
Straight, sans la dimension homosexuelle, comme on le disait à un moment.

Mais dans cette société où l’on prône la coolitude, je ferais presque figure d’originale …

 

La Confédération en bref

Lorsque je me suis installée en Suisse, il y a maintenant près de 4 ans, j’ai dû m’adapter à pas mal de choses. A la langue bien évidement. Aux horaires d’ouverture des magasines. Au mode de relation avec les voisins ou les collègues. Toutes ces choses, plus ou moins ténues, qui ponctuent le quotidien.

J’ai aussi dû accepter d’être distancée dans pas mal de domaines. Comme la musique ou la littérature contemporaines. Et surtout la politique.
Conseils des Etats, référendum, votations, propositions et contre-propositions… chancellerie… Autant de termes omniprésents et pourtant indéterminés.

Mais la Confédération ne laisse pas dans l’obscurantisme ses ouailles avides d’intégration : tous les ans, elle publie un petit guide vraiment bien fait qui permet de se faire une idée globale mais claire du système helvétique. Le petit guide, c’est La Confédération en bref

Et si vous habitez en Suisse, il est possible de le commander gratuitement ou de le télécharger ici.
En revanche, ne vous emballez pas comme moi j’ai pu le faire : mise à part l’interview inaugurale et quelques excursus, le contenu est quasi le même d’une année sur l’autre.
(forcément, c’est pas des révolutionnaires les Helvètes…) 

Cachez-moi cet appareil ménager que je ne saurais voir…

Il  y a quelques jours, j’ai lu cet article et j’ai ri. Et puis, je me suis arrêtée de rire. Parce que je me suis rendue compte que je ne riais certainement pas de la même chose que les autres lectrices.
Qui avaient l’air, en majorité si l’on se fie aux commentaires, de se réjouir de l’habilité avec laquelle l’auteur avait peint ce relent de machisme enfoui dans chaque homme tout en y allant de sa petite expérience sur le thème. Relent de machisme enfoui. Vous savez, ce vieil instinct immonde qui fait que l’homme peut faire la vaisselle, la lessive, passer l’aspirateur, faire les courses et la cuisine, s’occuper des enfants tout en massant les pieds de sa dulcinée, s’il a le malheur de reluquer une fille dans la rue ou de demander à sa compagne de lui remonter une bière de la cave, c’est bien le signe que le sexe masculin est irrécupérable et incontestablement sur terre pour le malheur de la femme.
Zemmour avait dernièrement dit que le diable avait changé de sexe et que maintenant, tout ce qui est viril (réellement ou de façon fantasmée) était diabolisé. Je crois qu’il a raison.

En lisant ce billet, j’ai ri car je l’ai lu comme une caricature de ce féministe mou mais virulent qui est assez répandu en ce moment. Et au-delà, de cette capacité (oserai-je innée) chez la femme de chercher la petite bête (si possible testostéronnée) partout.
Car il ne vaudrait surtout pas que cela soit simple. Il ne faudrait pas se contenter d’une réponse qui se veut somme toute gentille à la demande que l’on a exprimée. Il ne faudrait pas se contenter non plus, si la réponse gentille ne nous a pas plu, d’expliquer simplement le pourquoi du comment sans faire resurgir les vieilles luttes féministes qui sont maintenant plus des réflexes qu’un véritable combat.
Insatisfaction.
Insatisfaction de la femme devant l’homme, trop faillible, toujours faillible.
Insatisfaction de la personne qui attend qu’un cadeau soit pour son usage propre et certainement pour une activité dont d’autres profiteraient.
Insatisfaction de l’objet choisi qui mettrait en exergue l’un des rôles possibles de la femme, celui de gardienne du foyer. Mais n’aurait-ce pas été pire si l’homme lui avait offert maquillage, vêtements ou, horreur, lingerie, la cantonnant ainsi au statut de femme objet, superficielle, unique objet de désir. Livres, CD et DVD pour tout le monde !

J’ai grandi dans une famille où le père travaillait et la mère s’occupait des enfants, de la maison, du ménage, de la famille, bref de tout le reste. Où le père ne savait pas comment fonctionnait une machine à laver et où la mère entretenait une relation privilégiée avec la chair de sa chair et le sang de son sang. Où le père demandait une perceuse pour son anniversaire bien qu’il ait horreur du bricolage et où la mère réclame depuis des lustres un panier de cocotte-minute pour son Noël. Où tous deux versaient généralement l’argent qu’ils avaient reçu en cadeau dans le budget commun visant à faire tourner la baraque.
C’était ni bien ni mal ; c’était comme ça. Dans une sorte d’équilibre qui fonctionne maintenant depuis plus de trente ans.

Personnellement, si Monsieur L. m’offrait un mixer ou un autocuiseur, je me marrerais. Et si je devais lui en vouloir, ce n’est pas de m’avoir prise pour une de ces gourdasses-tellement-soumises-qu’elles-ne-pensent-à-rien-d’autre-qu’à-nourrir-leur-famille (franchement…), mais de n’avoir pas remarqué en bientôt sept ans de relation que je suis tellement le Joël Robuchon des cuisines qu’une poêle et une casserole suffisent à mon bonheur. Quand je dis que je suis une fille simple.
Je crois que je rigolerais certainement autant qu’au Noël de mes 23 ans où il m’avait offert un ensemble de soins anti-rides profondes sur les conseils de la vendeuse :) .

A vrai dire, je me sens assez proche des réflexions de ce blog sur la question. Je ne crois pas qu’il y ait une bonne façon d’être homme ou femme. Je prends aussi les gentilles intentions pour ce qu’elles sont, refusant de me laisser happer par un réflexe auquel je devrais adhérer par le seul fait de mon sexe.
Je ne m’engage pas dans une guérilla qui me semble renier par son existence même le principe d’égalité (dans la différence) qu’elle prétend défendre.
Bref, je suis une personne, sur ce point, relativement simple. Voire simpliste. Voire primaire.

Mon côté masculin sans doute….

 

P.S. Dans cet article, je ne fais part que de mes réflexions à la lecture d’un article qui, je le sais bien, se veut léger et humoristique. L’image caricaturale de la féministe que je brosse n’est nullement celle de l’auteur du blog, évidemment bien plus complexe, ni celle  de ses lectrices.

Saint Nicolas a perdu son âne…

En Suisse, même le Père Fouettard et Saint Nicolas ont leur billet !
(l’on remarquera que Saint Nicolas est un peu plus old school que Fouettard…)

 

Il va bientôt neiger mon enfant…


Vue du balcon, ce matin, 8 h…

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